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Réglementation·9 min

Nettoyage de hotte professionnelle : obligations légales en restauration

Un tiers des incendies dans les établissements de restauration trouve son origine dans les dépôts graisseux accumulés sur les hottes, dans les caissons d'extraction et dans les gaines de ventilation. Ce chiffre, régulièrement rappelé par les assureurs et les sapeurs-pompiers, résume à lui seul l'enjeu du nettoyage professionnel des hottes. La réglementation française impose un entretien régulier avec traçabilité. Sans attestation conforme, vous vous exposez à un refus d'indemnisation en cas de sinistre, à une amende administrative, voire à une fermeture. Ce guide fait le point sur vos obligations et sur ce que vous devez exiger de votre prestataire.

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L'équipe Eirys
Experts en aéraulique • Grand Est

Pourquoi la loi impose un nettoyage régulier des hottes

Les hottes de cuisine professionnelle captent les vapeurs de cuisson, les aérosols de graisse et les particules combustibles dégagées par les fourneaux, les friteuses et les grills. Ces dépôts s'accumulent heure après heure sur les filtres, le caisson, les conduits et les parois internes des hottes. En quelques semaines, une couche de graisse épaisse tapisse l'ensemble du circuit d'extraction.

Sur le plan du risque incendie, une hotte encrassée est un accélérateur de feu particulièrement dangereux. Les graisses de cuisson s'enflamment dès 250 °C, une température couramment atteinte lors d'un incident de cuisson. Dès lors, le feu ne reste pas confiné à la zone de cuisson : il se propage à travers les gaines jusqu'aux combles ou aux étages supérieurs en quelques minutes. C'est la raison pour laquelle les services de secours et les assureurs considèrent l'entretien des hottes comme une mesure de prévention prioritaire.

Au-delà de l'incendie, un circuit d'extraction encrassé altère la qualité de l'air en cuisine. Les polluants, les odeurs et les particules fines ne sont plus correctement évacués. Le personnel de cuisine est exposé à une atmosphère dégradée : l'article R4222-20 du Code du travail impose à l'employeur de maintenir l'ensemble des installations en bon état de fonctionnement et d'en assurer régulièrement le contrôle.

L'obligation annuelle dans les ERP : ce que dit l'article GC 21

L'article GC 21 de l'arrêté du 21 juin 1980 est le texte fondamental pour tout exploitant d'un ERP disposant d'une cuisine professionnelle. Il impose que les réseaux d'extraction de buées grasses soient entretenus au minimum une fois par an — et plus fréquemment si l'intensité d'utilisation le justifie.

Ce texte couvre l'ensemble du circuit d'extraction : hotte, filtres, plénum, conduits et caisson en toiture. Un entretien partiel — limité aux filtres visibles — ne constitue pas une conformité à cet article. L'attestation remise par le prestataire doit décrire l'intégralité des éléments traités pour être opposable lors d'un contrôle de la commission de sécurité ou en cas de sinistre.

Un point souvent ignoré : le dégraissage en profondeur avec démontage partiel des équipements est la seule intervention qui protège réellement l'exploitant. Un nettoyage de surface réalisé par le personnel de cuisine ne satisfait pas cette obligation, même si les surfaces paraissent propres à l'œil nu.

Ce que votre assureur exige concrètement

En cas de sinistre incendie, votre assureur mandatera un expert qui vérifiera l'existence et la conformité de vos attestations d'entretien. Si vous ne pouvez pas les produire, le refus ou la réduction significative de l'indemnisation est légalement possible. Conservez toutes vos attestations pendant au moins 5 ans.

Fréquences minimales de nettoyage selon le type d'établissement

L'article GC 21 de l'arrêté du 21 juin 1980 impose un minimum annuel, mais la fréquence réelle doit être adaptée à l'intensité d'utilisation de la cuisine et à la nature des cuissons pratiquées. Voici les fréquences généralement retenues par les préventionnistes et les assureurs. Ces intervalles sont des minimums : une utilisation intensive peut justifier une fréquence plus élevée.

  1. Restaurant classique (service midi et soir, cuissons variées) — Au moins 1 fois par an conformément à l'article GC 21 de l'arrêté du 21 juin 1980, le plus souvent 2 fois par an pour les établissements à fort volume. Les assureurs les plus exigeants recommandent un passage semestriel.
  2. Restauration rapide, friteries, établissements avec friteuses intensives — Tous les 3 à 6 mois. Les graisses de friture sont particulièrement inflammables et se déposent plus rapidement sur les parois des hottes et les conduits.
  3. Cuisine collective (cantine scolaire, EHPAD, hôpital, restaurant d'entreprise) — 1 à 2 fois par an selon le volume journalier. Les cuisines produisant plus de 200 couverts par jour sont généralement traitées deux fois par an.
  4. Boulangerie, viennoiserie, pizzeria au feu de bois — 1 fois par an minimum. Les dépôts de farine et de suie s'ajoutent aux graisses et modifient le comportement au feu des conduits. Certains assureurs exigent 2 passages annuels pour les fours à bois.
  5. Établissements saisonniers — La fréquence est calculée sur la période d'activité réelle. Un établissement ouvert 6 mois par an avec une activité intense peut nécessiter un dégraissage en début et en fin de saison.

L'attestation de dégraissage : le document qui vous protège

L'attestation de dégraissage n'est pas un simple bon de livraison : c'est un document technique et juridique qui certifie que l'intervention a été réalisée dans les règles de l'art. Son absence ou son caractère incomplet peut suffire à priver l'exploitant de son indemnisation en cas d'incendie, même si le feu a démarré ailleurs que dans la hotte.

Une attestation conforme doit impérativement mentionner : la date et l'heure de l'intervention, l'identification complète de l'établissement et du prestataire, le périmètre exact du nettoyage (description de chaque équipement traité — hottes, filtres, caissons, longueur des conduits dégraissés), les produits dégraissants utilisés et leur fiche de données de sécurité, le nom et la qualification du ou des techniciens intervenus, les photos avant/après témoignant de l'état des équipements.

Un prestataire sérieux remet l'attestation le jour de l'intervention ou au maximum dans les 48 heures. Méfiez-vous des documents vagues, sans photos ni mention des conduits : ils ne résisteront pas à l'analyse de l'expert assureur.

Durée de conservation : 5 ans minimum

Conservez chaque attestation de dégraissage pendant au moins 5 ans. En cas de sinistre, l'assureur peut remonter sur plusieurs exercices pour vérifier la continuité des entretiens. Classez les attestations avec vos autres documents réglementaires (registre de sécurité ERP, rapports de vérification électrique, etc.). En cas de contrôle de la commission de sécurité, ces documents attestent du respect de l'article GC 21 de l'arrêté du 21 juin 1980.

Ce que vous risquez si vous ne respectez pas l'obligation

Les conséquences d'un défaut d'entretien de ces équipements ne se limitent pas à un risque théorique d'incendie. Les sanctions sont multiples, concrètes et peuvent affecter durablement votre activité. Voici les principaux risques auxquels vous vous exposez.

  • Refus ou réduction drastique de l'indemnisation en cas d'incendie — C'est le risque le plus immédiat. Si l'expert constate l'absence d'attestation conforme ou un encrassement évident, l'assureur peut invoquer la déchéance de garantie prévue par le Code des assurances. Les montants en jeu sont considérables : reconstruction, perte d'exploitation, matériel sinistré.
  • Amende administrative — Les services de l'ARS ou de la DDPP peuvent contrôler l'état d'entretien de vos équipements. Le non-respect de l'article GC 21 de l'arrêté du 21 juin 1980 expose à une mise en demeure et à une amende.
  • Fermeture administrative — En cas de contrôle sanitaire révélant un risque grave pour la santé ou la sécurité (installation représentant un danger d'incendie imminent ou source de contamination des denrées), la fermeture immédiate de l'établissement peut être prononcée.
  • Mise en cause pénale en cas d'accident — Si un incendie ou une intoxication par fumées provoque des blessures ou un décès, la responsabilité pénale de l'exploitant peut être engagée pour mise en danger de la vie d'autrui (article 223-1 du Code pénal) ou homicide involontaire.
  • Perte de la licence de débit de boissons — Pour les établissements titulaires d'une licence III ou IV, une fermeture administrative ou une condamnation pénale peut entraîner la suspension ou le retrait de la licence.
  • Déchéance du contrat d'assurance — Indépendamment de tout sinistre, si l'assureur découvre lors d'un audit ou d'une déclaration de sinistre bénin que le circuit d'extraction n'a jamais été entretenu, il peut invoquer l'article L113-2 du Code des assurances et résilier le contrat pour non-déclaration d'aggravation du risque.

Qui peut réaliser ce nettoyage — et pourquoi pas votre personnel

La question revient souvent : le personnel de cuisine ne peut-il pas s'en charger ? La réponse est non, et pour deux raisons fondamentales. D'une part, le dégraissage en profondeur du circuit d'extraction — caissons, conduits et équipements de captation — nécessite un matériel professionnel spécifique : pompes haute pression, produits dégraissants agréés, endoscopes pour les gaines longues. Aucune cuisine ne dispose de cet outillage. D'autre part, et c'est le point décisif, seule une entreprise spécialisée peut délivrer une attestation opposable aux assureurs. Une attestation signée par l'exploitant lui-même ou par un salarié n'a aucune valeur juridique face à un expert assureur.

Le nettoyage hebdomadaire des filtres amovibles par le personnel est non seulement autorisé mais fortement recommandé. Mais ce geste ne remplace pas le dégraissage annuel ou semestriel de l'ensemble du circuit imposé par l'article GC 21 de l'arrêté du 21 juin 1980, et ne dispense pas de faire appel à un professionnel qualifié.

Pour être opposable, l'attestation doit être établie par une entreprise titulaire de la qualification Qualibat 5312, qui couvre les travaux de dégraissage des conduits et installations de ventilation en cuisine professionnelle. Cette qualification garantit que l'entreprise dispose du personnel formé, du matériel adapté et des assurances professionnelles nécessaires.

Comment choisir son prestataire de dégraissage de hottes

Face à la multiplication des offres, il est parfois difficile de distinguer une entreprise réellement qualifiée d'un prestataire qui se contente d'un passage superficiel. Voici les critères à vérifier avant de signer un devis.

Exigez systématiquement un devis détaillé mentionnant le périmètre exact de l'intervention : quels équipements, quels conduits, quelle longueur, quelles méthodes. Un devis vague est souvent le signe d'une prestation tout aussi vague. Vérifiez que le rapport d'intervention comportera des photos avant/après et décrira précisément chaque équipement traité. Si le prestataire ne peut pas vous garantir ces éléments avant l'intervention, cherchez un autre interlocuteur.

La réactivité compte aussi : une cuisine qui tourne ne peut pas se permettre une immobilisation longue. Un prestataire structuré proposera des créneaux en dehors des heures de service et s'engagera sur un délai de remise de l'attestation.

  • Qualification Qualibat 5312 — Vérifiable sur qualibat.com. Garantit que l'entreprise dispose du matériel, du personnel formé et des assurances pour réaliser le dégraissage et délivrer une attestation opposable.
  • Fourniture systématique d'une attestation conforme avec photos avant/après — À exiger contractuellement avant toute intervention.
  • Devis détaillant chaque équipement traité — Hottes, filtres, caisson, conduits avec longueur, débouché en toiture. Fuyez les devis "forfait nettoyage hotte" sans précision.
  • Assurance responsabilité civile professionnelle à jour — Demandez l'attestation RC avant l'intervention, notamment si le prestataire intervient sur vos toits ou dans des zones confinées.

Questions fréquentes

Combien de fois par an dois-je faire nettoyer ma hotte ?

Cela dépend de votre type d'activité et de l'intensité de vos cuissons. L'article GC 21 de l'arrêté du 21 juin 1980 impose un minimum d'une fois par an pour tout ERP avec cuisine professionnelle. Un restaurant classique à fort volume devrait prévoir deux interventions par an. Un établissement avec friteuses intensives ou cuisine collective doit prévoir un passage tous les 3 à 6 mois. En cas de doute, demandez à votre assureur la fréquence stipulée dans votre contrat : c'est la référence contractuelle qui prime.

Mon personnel peut-il s'en charger ?

Le nettoyage quotidien ou hebdomadaire des filtres amovibles peut être réalisé par votre personnel : c'est une bonne pratique recommandée. En revanche, le dégraissage complet des hottes, du caisson et des conduits — imposé par l'article GC 21 de l'arrêté du 21 juin 1980 — doit impérativement être confié à une entreprise qualifiée (Qualibat 5312). Un nettoyage réalisé en interne ne génère pas d'attestation opposable à l'assureur et ne vous protège donc pas en cas de sinistre.

Que se passe-t-il en cas d'incendie sans attestation ?

En l'absence d'attestation de dégraissage conforme, votre assureur peut légalement refuser de vous indemniser ou réduire drastiquement l'indemnisation. L'expert mandaté vérifiera l'état des installations et des conduits : un encrassement visible constituera une preuve d'aggravation du risque non déclarée. Le non-respect de l'article GC 21 de l'arrêté du 21 juin 1980 peut également exposer à une amende administrative. Dans les cas les plus graves — incendie avec blessés ou décès — vous pourriez faire face à des poursuites pénales pour mise en danger d'autrui ou homicide involontaire.

Combien coûte un dégraissage de hotte professionnelle ?

Le tarif varie selon la taille et le nombre de hottes, la longueur des conduits, l'accessibilité du caisson et l'état de salissure. Pour une cuisine de restaurant standard avec une ou deux hottes et des conduits courts, comptez généralement entre 400 € et 900 € HT pour une intervention complète avec attestation. Les cuisines collectives de grande taille ou les réseaux de conduits complexes peuvent dépasser 1 500 € HT. Demandez toujours plusieurs devis détaillés : une différence de prix importante entre deux prestataires mérite d'être expliquée.

Faut-il être présent pendant l'intervention ?

Il est fortement recommandé qu'un responsable de l'établissement soit présent au début et à la fin de l'intervention. Au début pour permettre l'accès à tous les équipements (circuit d'extraction, caisson, toiture si nécessaire) et transmettre toute information utile sur l'installation. À la fin pour vérifier avec le technicien l'état des équipements, valider les photos avant/après et recevoir l'attestation. Votre présence vous permet aussi de poser des questions sur d'éventuelles anomalies détectées (conduit en mauvais état, grille endommagée, etc.).

Comment obtenir une attestation de dégraissage conforme ?

Seule une entreprise qualifiée Qualibat 5312 peut émettre une attestation conforme et opposable. Vérifiez la qualification de votre prestataire avant l'intervention sur le site qualibat.com. L'attestation doit vous être remise le jour de l'intervention ou dans les 48 heures. Elle doit comporter la date, le périmètre exact du nettoyage, les photos avant/après, les produits utilisés et le nom du technicien. Conservez ce document précieusement pendant au moins 5 ans.

Eirys est spécialisée dans le dégraissage de hottes professionnelles en conformité avec l'article GC 21 de l'arrêté du 21 juin 1980, dans toute la région Grand Est. Hottes, caissons d'extraction, conduits jusqu'au débouché en toiture : nous intervenons sur l'ensemble du circuit et vous remettons une attestation complète avec photos avant/après à l'issue de chaque intervention. Devis gratuit et sans engagement sous 24 heures.

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